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Freie Szene stärken | Scène indépendante

Contexte

« Scène indépendante », définition : l’ensemble des artistes, compagnies, structures n’étant pas liés à une structure publique et produisant de manière indépendante, des secteurs de l’architecture, des arts visuels, de la danse, du théâtre, de la performance, des nouveaux médias, de la musique -du baroque à l’électro en passant par le jazz et le classique-, du théâtre musical, du théâtre jeunesse, de la littérature ainsi que tous les travaux interdisciplinaires et transdisciplinaires.

L’évolution du budget culturel de la ville de Berlin ces dix dernières années donne en ce qui concerne le soutien aux structures indépendantes plus d’une raison de s’inquiéter. Si, il y a dix ans, encore environ 10% des moyens disponibles l’étaient pour ce secteur, ce ne sont aujourd’hui avec 10 Millions d’Euros plus que 2,5 %. A cela s’ajoutent 10 Millions supplémentaires provenant du Hauptstadtkulturfonds alimenté par l’Etat fédéral, mais dont seulement environ 60 % sont disponibles pour des projets indépendants.

La coalition gouvernementale SPD-CDU a inscrit dans son actuel contrat de coalition les principes suivants : « Berlin est une métropole culturelle globalisée, notre richesse culturelle est notre capital (…) l’art, la culture et les milieux créatifs sont parmi les ressources fondamentales d’une importance centrale pour la ville (…). La coalition veut renforcer le soutien à la scène indépendante (…) »

Jusqu’à présent cette déclaration d’intention a peu été suivie de faits. La décision d’augmenter de 500 000 Euros le budget pour les projets indépendants est certes considérée comme un premier pas encourageant, elle n’est cependant aucunement en relation avec les nécessités et à l’importance de la scène indépendante berlinoise. Ici c’est un acte plus conséquent qui est requis, d’autant plus qu’avec le transfert du Renaissance Theater dans la scène institutionnelle subventionnée, le fonds de subventionnement pour les projets des arts du spectacle a été réduit de 2,1€ M en 2010.

La coalition de la scène indépendante exige une hausse substantielle des moyens disponibles au budget de la culture. La hausse continuelle de la somme des subventions institutionnelles opposée à la baisse continuelle des moyens disponibles pour les structures indépendantes n’est plus acceptable et fait tout simplement en effet cynique dans le contexte du slogan « La culture fait bouger Berlin » (Rapport du Senat de Berlin sur le subventionnement de la culture 2011).

C’est pourquoi, pour la première fois, une coalition de la scène indépendante regroupant tous les arts et toutes les disciplines s’est formée pour attirer l’attention sur ce disfonctionnement éclatant qui met en danger le Berlin créatif tellement vanté et tant célébré au niveau international.

Les arts, dans leur diversité et leur cohabitation, font l’attractivité de Berlin et sont un facteur économique et touristique décisif. La coalition de la scène indépendante réagit face au changement de paradigme qui se profile, transformant une politique de soutien à la culture en une politique d’investissement, qui soumet les arts dans les structures indépendantes à des principes primaires d’utilité, mettant ainsi en péril l’autonomie de l’art et marginalisant la fonction sociale de l’art.

Berlin se trouve à un carrefour. La culture jouera un rôle clé dans l’avenir de la ville. C’est pourquoi il nous faut un changement de politique culturelle.

 

Coalition de la scène indépendante

10 points pour une nouvelle politique culturelle

La pratique actuelle de subventionnement de la culture doit être mise en question et repensée à plusieurs niveaux. Le système de subventionnement devrait rester flexible et s’adapter aux besoins en évolution de la pratique artistique. Actuellement cependant, le système de subventionnement cimente un statu quo discutable et pas le changement permanent pour lequel Berlin est mondialement célèbre.

1. La coalition de la scène indépendante exige une augmentation des dépenses pour la culture au sein du budget global de Berlin, et en particulier une hausse substantielle du budget destiné aux projets indépendants. L’introduction d’une « Citytax » est un moyen approuvé. Au minimum 50% des recettes de cette « Citytax » doivent contribuer au financement de la scène indépendante.

2.Un soutien à la culture issu de la pratique culturelle.
Les structures de production existantes ont besoin de nouveaux instruments de soutien.

1) Fonds pour les moyens propres : celui-ci est une urgence absolue, pour donner à des compagnies et des artistes non subventionnés la possibilité de déposer des demandes de subvention auprès du Hauptstadtkulturfonds, de la Kulturstiftung des Bundes, de fondations privées ou de l’UE.
2) Une ligne budgétaire pour la reprise de projets ou production ayant rencontré un succès, qui fonctionne différemment de ce qui existe actuellement dans le cadre du subventionnement de projets et dispose d’une structure souple, de façon à ce que l’attribution de moyens pour la reprise puisse se faire rapidement et spontanément.
3) Un fonds interdisciplinaire pour la recherche, le développement ainsi que des moyens pour des résidences d’artistes.
4) Une levée de l’interdiction de financement des festivals
5) La mise en place d’un fonds pour la diversité culturelle en référence à ce qui est exigé par le Rat für die Künste.

3. Création et soutien d’établissements disposant d’un budget de production propre pour la scène indépendante.
Des établissements travaillant de manière interdisciplinaire occupent une position phare dans la scène indépendante, par exemple en pouvant initier et mener de manière autonome des coproductions nationales ou internationales ou encore des coopérations dans le cadre de festivals. La scène indépendante ne peut plus se passer d’une telle infrastructure car il n’existe pas d’autre possibilité permettant une évolution permanente tout en offrant une sécurité de planification.

4. Hauptstadtkulturfonds – des moyens indépendants pour des structures indépendantes !
Le Hauptstadtkulturfonds ne devrait pas servir à subventionner du fonctionnement afin que les moyens financiers restent entièrement disponibles pour les projets indépendants. Des demandes provenant de structures bénéficiant de subventions de fonctionnement institutionnalisées ne devrait être prise en compte que si le projet implique de manière conséquente des artistes de structures indépendantes. Le vote du jury fait force.

5. Introduction d’un honoraire minimum pour les artistes bénéficiant de subventions publiques.
Afin d’éviter une réduction du nombre de projets subventionnés, cette mesure aura pour conséquence une hausse du budget. L’exigence de LAFT et TanzRaumBerlin/Tanzbüro Berlin/ztb e.V. pour la mise en place d’un honoraire minimum pour les artistes de la scène indépendante joue à ce sens un rôle de projet pilote pour toutes les disciplines artistiques.

6. Les systèmes de subventionnement de la musique et des arts visuels devront être rapprochés de ceux existants pour les arts de la scène, dans leur structure comme dans le budget qui leur est alloué, entre autre en prévoyant des honoraires d’exposition pour des artistes visuels.

7. La politique foncière doit être repensée au bénéfice de la culture et de la ville. La coalition des artistes indépendants exige un moratorium sur la vente de biens immobiliers appartenant au Land. Il s’agit d’attribuer une priorité à l’attribution de terrains en droit de superficie héréditaire par rapport à la vente. Une politique de développement urbain est une politique culturelle.

8. Le subventionnement des arts et de la culture au niveau des quartiers (Bezirke) doit être maintenu et étendu.
Une des forces de Berlin est son décentralisme qui s’est développé au cours de l’histoire. Le financement culturel pour les projets comme pour les structures au niveau des quartiers est la base de la diversité culturelle et permet une offre culturelle qui soit en mesure d’atteindre la population berlinoise dans sa diversité sociale. Un financement décentralisé des projets culturels est exigé dans tous les quartiers.

9. Principe de solidarité.
Des coopérations et partenariats entre institutions culturelles publiques et scène indépendante sont expressément souhaités. Une collaboration entre la scène indépendante et les institutions stables devrait être davantage soutenue et subventionnée par les pouvoirs publics et le monde politique.

10. Transparence et équité.
Evaluation régulière des objectifs fixés par convention de toutes les structures bénéficiant d’un financement public. Les nominations de jurys pour lesquels des propositions peuvent être faites par la scène indépendante doivent se faire dans des délais corrects et de manière transparente.

La coalition de la scène indépendante rassemble les idées et propositions pour une nouvelle politique culturelle qui sont développées par différents réseaux, initiatives, groupes et individus.

« Ce que la ville devrait donner à l’art est simplement une part de ce que l’art a donné à la ville et continue à lui donner ».
(Initiative Haben und Brauchen)

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